TORTUGA 5 - L'HISTOIRE D'UN STENOPE

Tortuga 1998

1998
premier modèle à 4 ouvertures

Tortuga 1999

1999
premier modèle à 5 ouvertures

Tortuga 2001

2001
amélioration du modèle 1999

Tortuga 2003

2003
prototype avant production en série

2004

2004
série limitée à 30 exemplaires

 


 

HISTOIRE DU STENOPE

Introduction

Dixitque Deus: Fiat lux. Et facta est lux.
Dieu dit: Que la lumière soit, et la lumière fut.

L’étymologie du nom français «sténopé» (du grec stenos, étroit et ope, trou) ne nous renseigne que partiellement sur la définition de l’objet en question. Le terme anglais «pinhole camera» apparu en 1856, est, à cet égard, plus explicite: appareil photo avec un trou d’épingle.

Ainsi, la photographie au sténopé est une photographie où le système optique n’est pas composé d’un ensemble de lentilles mais d’un simple trou.

camera obscura           principe du stenope

Contrairement à une opinion répandue, le principe du sténopé en tant que "camera obscura" est décrit depuis l’antiquité et signalé à de nombreuses reprises jusqu’à la Renaissance, ce n’est pas le sténopé qui a marqué les débuts de la photographie mais bien la lentille. Il n’a été utilisé en photographie qu’à partir de la fin des années 1850. La seconde moitié du XIXe siècle voit en effet le développement et l’apogée du sténopé avec le «pictorialisme».

Tombé en désuétude dans la première moitié du XXe siècle, du fait du développement rapide de la photographie instantanée, la photographie au sténopé fut remise au goût du jour aux Etats-Unis dans les années 1960-70.

Mais, au-delà de l’aspect technique et anecdotique, elle constitut aujourd'hui un mode d’expression à part entière avec ses contraintes, ses spécificités et ses limites. Elle est à considérer actuellement moins comme un substitut (ou pire, une initiation aux techniques) à la photographie traditionnelle que comme un cousine de cette dernière. © Christophe Frot

Historique

Le principe du sténopé est connu depuis l’Antiquité. Déjà au IVe siècle av. J.C., le philosophe grec Aristote décrivait le fonctionnement d’une éclipse solaire qu’il avait étudiée à l’intérieur d’une pièce obscure dont un des murs comportait un petit trou: les rayons du soleil, réfléchis par les objets, pénétraient par le trou situé dans le mur et projettaient une image inversée (de haut en bas et de droite à gauche) des objets sur le mur d’en face. C’est le principe du sténopé.

Au XVe siècle, Léonard de Vinci fut le premier à étudier en détail le phénomène de la camera obscura et à le comparer au mécanisme de la vision humaine.

En 1593, Gambattista della Porta (1538-1615) décrivit dans son livre La Magie Naturelle un procédé permettant de reproduire fidèlement des gravures. L’appareil utilisé était un sténopé ou camera obscura (chambre obscure en latin).